Parce-qu'une image vaut mille mots...

Parce-qu'une image vaut mille mots...
... retrouvez-moi ici :)

http://mon-nikon.hautetfort.com/
# Posté le dimanche 21 juin 2009 02:20

"-Tu n'as donc pas envie de vivre toi?-Pas envie de vivre... Qui se levait la première le matin, rien que pour sentir l'air froid sur sa peau nue? Qui se couchait la dernière seulement quand elle n'en pouvait plus de fatigue, pour vivre encore un peu la nuit? Qui pleurait déjà toute petite, en pensant qu'il y avait tant de petites bêtes, tant de brins d'herbe dans le pré et qu'on ne pouvait pas tous les prendre?" JEAN ANOUILH

"-Tu n'as donc pas envie de vivre toi?-Pas envie de vivre... Qui se levait la première le matin, rien que pour sentir l'air froid sur sa peau nue? Qui se couchait la dernière seulement quand elle n'en pouvait plus de fatigue, pour vivre encore un peu la nuit? Qui pleurait déjà toute petite, en pensant qu'il y avait tant de petites bêtes, tant de brins d'herbe dans le pré et qu'on ne pouvait pas tous les prendre?" JEAN ANOUILH
° Les chansons de Bruce Springsteen. ° L'odeur de la pluie. ° Les Nikon de ma vie. ° La manière dont il nous conte l'Alsace. ° Les pièces de Jean Anouilh. ° La première vocation. ° Et la dernière, plus qu'ambitieuse. ° Les premiers accords de Let It Be. ° Cette classe. ° Les premières larmes pour un bouquin. ° Le coup de coeur musical du moment. ° Le sens qu'elle donne à ma vie. ° Les souvenirs qui paraîssent déjà lointains. ° Le plus simple et le plus merveilleux des concerts. ° Les citations de Camus. ° Les premières larmes devant la télé. ° Les films qui vous prennent et ne vous lachent plus. ° Les photographes exceptionnels ° Les chansons de l'enfance. °Le plus beau village au monde. ° Les réveils ensoleillés. °
L'avenir.



Photo: http://brucespringsteen.net/news/index_archive.html ("I like you way better than Hannah Montana" :p)
# Posté le lundi 16 mars 2009 13:22
Modifié le mardi 17 mars 2009 13:30

"TOUTE CHOSE TRÈS BELLE OU TRÈS LAIDE ABANDONNE UN FRAGMENT D'ELLE DANS LES YEUX DE CEUX QUI LA REGARDE... (...) ON LA RECONNAIT À CE CHOC, À CETTE PARCELLE QUI DEMEURE." FRED VARGAS

"TOUTE CHOSE TRÈS BELLE OU TRÈS LAIDE ABANDONNE UN FRAGMENT D'ELLE DANS LES YEUX DE CEUX QUI LA REGARDE... (...) ON LA RECONNAIT À CE CHOC, À CETTE PARCELLE QUI DEMEURE." FRED VARGAS
Il y a un mois, je me disais que je n'avais plus rien à attendre d'elle, que notre amitié allait s'éteindre, comme ça, un peu bêtement. Et aujourd'hui... Aujourd'hui elle me manque, tout simplement. Tout cette rancoeur que j'ai pu éprouver s'est envolée pour laisser place au vide qu'elle a laissé. Je me surprend à guetter son vélo en sortant de chez moi. A repenser aux gamines qu'on était. Aux rêves qu'on avait, aux promesses qu'on s'était faites. "Amies pour la vie. Rien ne nous séparera, jamais!". J'ai l'impression que les rues de ce quartier sont hantées par les moments qu'on y a passé. Comme des fous rires qui y résonnent, lointains souvenirs.
On ne peut pas échapper à son passé. Et elle, elle en fait partie intégrante de ce passé. On a grandi ensemble, au sens propre, si souvent fourrée l'une chez l'autre que sa famille était un peu la mienne, et vice-versa. Elle m'offrait deux soeurs, je lui offrais un frère, c'était comme ça. On s'est construites ensemble, on a souffert ensemble, on a partagé notre bonheur.
Bien sur, elle a ses défauts. J'ai les miens. On a souvent été aux antipodes, tout n'était pas rose et joli, sinon on ne serait pas là aujourd'hui. Mais à un moment, j'ai du oublier son importance, l'appui qu'elle a apporté à ma vie, la béquille qu'elle représentait. Oublié aussi qu'elle été humaine, tout simplement. Que le soutient n'est pas infaillible, que l'inconnu peut faire peur, que les mots ne sont pas toujours faciles à trouver. Qu'elle ne se rendait peut-être pas compte.
Dans deux mois, je vais avoir 18 ans. Le plus triste dans tout ça, c'est que jamais je n'aurais pensé les fêter sans elle...


Aujourd'hui, je te le dis, tu me manques, ton amitié me manque, nos fous rires, tes angoisses, tes petites attentions toutes mimis, même tes crises de larmes au téléphone. Tu feras toujours partie de ma vie, que je le veuille ou non, t'auras toujours une place à part. Je t'aime.

Photo: nous, il y a longtemps. Tu te souviens? :)
# Posté le mardi 24 février 2009 08:57
Modifié le mardi 24 février 2009 12:37

"-Si nous ne veillons que des choses mortes, pourquoi avons-nous si mal? [...] -Parce-que toutes les choses sont dures à naître dans ce monde et dures à mourir aussi."

"-Si nous ne veillons que des choses mortes, pourquoi avons-nous si mal? [...] -Parce-que toutes les choses sont dures à naître dans ce monde et dures à mourir aussi."
"Je veux être humble. Ce monde, ce chaos où tu me menais par la main, je veux qu'il prenne une forme enfin. C'est toi qui as raison sans doute en disant qu'il n'est pas de raisons, pas de lumière, pas de halte [...].
Mais je veux m'arrêter, moi, maintenant, être un homme. Faire sans illusions peut-être, comme ceux que nous méprisions; ce qu'on fait mon père et le père de mon père et tous ceux qui ont accepté avant nous, et plus simplement que nous, de déblayer une petite place où tienne l'homme dans ce désordre et cette nuit. [...]
[...]Poursuis ta course. Tourne en rond, déchire toi, bats-toi, méprise, insulte, tue, refuse tout ce qui n'est pas toi. Moi je m'arrête. Je me contente. J'accepte ces apparences aussi durement, aussi résolument que je les ai refusées autrefois avec toi. Et s'il faut continuer à se battre, c'est pour elles maintenant que je me battrai, humblement, adossé à ce mur dérisoire, construit de mes mains entre le néant absurde et moi.
Et c'est cela, sans doute, en fin de compte -et pas autre chose- être un homme."

Jean Anouilh, Médée
Dessin: HUGO PRATT
# Posté le samedi 15 novembre 2008 07:35
Modifié le lundi 17 novembre 2008 14:58

"THERE IS THE WORLD AS IT IS AND THE WORLD AS IT SHOULD BE" (BARACK OBAMA)

"THERE IS THE WORLD AS IT IS AND THE WORLD AS IT SHOULD BE" (BARACK OBAMA)
"-Tu l'entends?
-Quoi?
-Le bonheur. Il rôde."

Jean Anoulh, Médée
# Posté le mercredi 05 novembre 2008 03:43
Modifié le jeudi 12 mars 2009 12:00

["ON NE REFAIT PAS SA VIE, ON CONTINUE SEULEMENT"]STEPHAN EICHER

...Elle pensait que c'était fini. Que le calvaire était terminé, que le Destin avait fini de jouer avec elle pour la faire souffrir. Qu'elle pouvait enfin les oublier, ses vieux démons. Elle pensait que le poids était derrière elle, elle s'était juré de ne pas revenir trois ans en arrière, de ne pas replonger dans ces souvenirs noircis par les larmes et le sentiment d'incapacité. Fini, le film est terminé, on oublie. On avance, enfin, en regardant le moins possible en arrière.
...Il a suffit d'un journal. Un malheureux petit journal et deux misérables pages. "Il y a des événements dans ma vie que je ne veux pas écrire. Ecrire rendrait le cauchemard plus réel qu'il ne l'est déjà. [...] Je vais aimer ma mère comme je ne l'ai jamais aimé." Elle n'a jamais écrit cette douleur. Elle en a parlé, ça oui, parfois sur un ton désinvolte, histoire de ne pas attiser la pitié. Histoire de se voiler la face, de dire "pas de problème, je vais bien, je surmonte." Et tant pis si les larmes silencieuses et solitaires démontraient le contraire. Peut être qu'à force de dire qu'elle allait bien, cela allait devenir sa réalité. Alors oui, en parler n'a jamais été un véritable problème. Mais l'écrire... L'écrire était au-dessus de ses forces. L'écrire, ça l'aurait obligé à regarder la vérité en face, et surtout à l'admettre, l'accepter. Ecrire, ça aurait été comme dire "ok, c'est là, je suis d'accord." Mais d'accord elle ne l'était pas, elle ne l'est peut être toujours pas.
...En tous les cas, maintenant elle se demande si ça n'aurait pas été mieux de l'écrire noir sur blance, et d'en finir avec ça. Parce-que l'autre jour, quand elle a ouvert ce journal, quand elle a vu toutes ces allusions, tout lui est retombé dessus. Les pleurs. La douleur. Le poids dans son coeur.
...Elle ne pensait pas être aussi fragile. Elle pensait avoir surmonté, vraiment. Tous les petits détails, les visites chez le medecin, la prothèse, et même la perruque, ça ne la touchait presque plus. Elle était anesthésiée. Et l'autre jour, une phrase et paf!, l'anesthésie s'en va et la douleur revient. Pas aussi grande, pas aussi forte, pas aussi profonde, mais elle revient quand même. Et avec elle une question, nouvelle celle-la: "Est-ce que ça finira un jour?"
...Elle ne peut pas oublier, elle ne veut pas oublier, mais elle veut que le ressentiment disparraîsse, ne plus y penser que comme à une épreuve surmontée. Parce-qu'au fond, tout va bien maintenant, il n'y a plus de problème.
...Elle veut pouvoir voir la cicatrice, et non la plaie.
..."La bataille va être très dure" a-t-elle entendu dans une série télé. La bataille est toujours dure, quelqu'en soit le dénouement. Mais à présent, elle veut en finir avec cette bataille interieure, la plus dure qu'elle n'ait jamais eu à combattre. Et pour cela, pour que cela finisse enfin, peut être qu'elle doit l'écrire, cette phrase qui lui fait peur, qui la terrorise tellement qu'elle n'a pas pu la tracer durant trois longues années. Parce-qu'au fond, tout va bien maintenant. C'est fini.

MA MAMAN A EU UN CANCER DU SEIN


...Oui, c'est fini maintenant. Enfin.

26/08/08 ©

(À ma Camille, ma belle et petillante Camille, qui n'a pas eu ma chance... Je suis là pour toi et je t'aime.)



Oui, c'est du vécu...
# Posté le mardi 26 août 2008 10:58
Modifié le jeudi 12 mars 2009 11:59

QUI A DIT QUE GARDIEN DE MUSÉE ÉTAIT UN BOULOT ININTERESSANT?

QUI A DIT QUE GARDIEN DE MUSÉE ÉTAIT UN BOULOT ININTERESSANT?
Si tu oublies le futur
Tu perds
Le présent

..."[...] Il ne faut surtout pas oublier ça. Il ne faut pas oublier les vieux au corps pourri, les vieux tout près d'une mort à laquelle les jeunes ne veulent pas penser (alors ils confient à la maison de retraite le soin d'y ammener leurs parents sans esclandre ni tracas), l'inexistante joie de ces dernières heures dont il faudrait profiter à fond et qu'on subit dans l'ennui, l'amertume et le ressassement. Il ne faut pas oublier que le corps dépérit, que les amis meurent, que tous vous oublient, que la fin est solitude. Pas oublier non plus que ces vieux ont été jeunes, que le temps d'une vie est dérisoire, qu'on a vingt ans un jour et quatre-vingts le lendemain.[...]
...Moi j'ai compris très tôt qu'une vie, ça passe en un rien de temps, en regardant les adultes autour de moi, si pressés, si stressés par l'échéance, si avides de maintenant pour ne pas penser à demain... Mais si on redoute le lendemain, c'est parce-qu'on ne sait pas construire le présent et quand on ne sait pas construire le présent, on se raconte qu'on le pourra demain et c'est fichu parce-que demain finit toujours par devenir aujourd'hui, vous voyez?
...Donc il ne faut surtout pas oublier tout ça. Il faut vivre avec cette certitude que nous vieillirons et que ce ne sera pas beau, pas bon, pas gai. Et se dire que c'est maintenant qui importe: construire, maintenant, quelque-chose, à tout prix, de toutes ses forces. Toujours avoir en tête la maison de retraite pour se dépasser chaque jour, le rendre impérissable. Gravir pas à pas son Everest à soi et le faire de telle sorte que chaque pas soit un peu d'éternité.
...Le futur, ça sert à ça: à construire le présent avec des vrais projets de vivants."


Muriel Barbery, L'ÉLÉGANCE DU HÉRISSON, Pensée profonde nº8

Sans doute un bouquin est-il remarquable quand, assise dans un musée à l'affut du moindre visiteur, on en est pas moins bouleversée par les tournures qui s'offrent à nous...
Pix: Mes converses ©

# Posté le lundi 18 août 2008 11:18
Modifié le lundi 18 août 2008 17:02