Il y a un mois, je me disais que je n'avais plus rien à attendre d'elle, que notre amitié allait s'éteindre, comme ça, un peu bêtement. Et aujourd'hui... Aujourd'hui elle me manque, tout simplement. Tout cette rancoeur que j'ai pu éprouver s'est envolée pour laisser place au vide qu'elle a laissé. Je me surprend à guetter son vélo en sortant de chez moi. A repenser aux gamines qu'on était. Aux rêves qu'on avait, aux promesses qu'on s'était faites. "Amies pour la vie. Rien ne nous séparera, jamais!". J'ai l'impression que les rues de ce quartier sont hantées par les moments qu'on y a passé. Comme des fous rires qui y résonnent, lointains souvenirs.
On ne peut pas échapper à son passé. Et elle, elle en fait partie intégrante de ce passé. On a grandi ensemble, au sens propre, si souvent fourrée l'une chez l'autre que sa famille était un peu la mienne, et vice-versa. Elle m'offrait deux soeurs, je lui offrais un frère, c'était comme ça. On s'est construites ensemble, on a souffert ensemble, on a partagé notre bonheur.
Bien sur, elle a ses défauts. J'ai les miens. On a souvent été aux antipodes, tout n'était pas rose et joli, sinon on ne serait pas là aujourd'hui. Mais à un moment, j'ai du oublier son importance, l'appui qu'elle a apporté à ma vie, la béquille qu'elle représentait. Oublié aussi qu'elle été humaine, tout simplement. Que le soutient n'est pas infaillible, que l'inconnu peut faire peur, que les mots ne sont pas toujours faciles à trouver. Qu'elle ne se rendait peut-être pas compte.
Dans deux mois, je vais avoir 18 ans. Le plus triste dans tout ça, c'est que jamais je n'aurais pensé les fêter sans elle...
Aujourd'hui, je te le dis, tu me manques, ton amitié me manque, nos fous rires, tes angoisses, tes petites attentions toutes mimis, même tes crises de larmes au téléphone. Tu feras toujours partie de ma vie, que je le veuille ou non, t'auras toujours une place à part. Je t'aime.
Photo: nous, il y a longtemps. Tu te souviens? :)