"C'EST QUAND LA NUIT M'ÉCHAPPE ET QUE JE NE PEUX PAS DORMIR..." JOAN BAEZ

"C'EST QUAND LA NUIT M'ÉCHAPPE ET QUE JE NE PEUX PAS DORMIR..." JOAN BAEZ
"Et plus il connaissait Adamsberg, plus il lui devenait indiscernable, aussi imprévisible qu'une noctuelle dont le vol lourd, fou, et efficace, fatigue celui qui voudrait l'attraper.
Mais il aurait aimé prendre cela à Adamsberg, cette imprécision, cette approximation, et ces échappées où son regard semblait tour à tour agoniser ou brûler, donnant envie de s'en écarter ou de s'en rapprocher. Il pensait qu'avec le regard d'Adamsberg, il pourrait voir les choses osciller et perdre leurs contours raisonnables, comme font les arbres en été dans les vibrations de chaleur.
Qu'alors le monde lui serait moins implacable, qu'il cesserait de vouloir le comprendre jusqu'à ses plus lointaines limites et jusqu'aux points qu'on ne pouvait même pas voir dans le ciel.
Qu'il serait moins fatigué.
Mais seul le vin blanc lui donnait cette distanciation brève et, il le savait, factice."

Fred Vargas

Photo: ©

# Posté le mercredi 23 septembre 2009 08:17

"MOONRISE, MOONRISE, THE LIGHT THAT WAS IN YOUR EYES HAS GONE AWAY..." BRUCE SPRINGSTEEN

"MOONRISE, MOONRISE, THE LIGHT THAT WAS IN YOUR EYES HAS GONE AWAY..." BRUCE SPRINGSTEEN
Elle ouvre la fenêtre. Le froid la surprend. Un froid sec, brutal, comme des petits couteaux qui lui picotent la peau.
Avant, elle aimait regarder par la fenêtre. Elle restait là, de longues minutes, le regard perdu au-dessus des toits. Scrutant le ciel, comme si elle y cherchait quelqu'un, un disparu qui lui aurait fait signe pour égayer sa journée.
La nuit aussi. Les lumières de la ville. Le lampadaire en face de chez elle. Certains soirs d'hiver, le halo se reflétait sur la neige et emplissait sa chambre d'un doux éclairage... C'est peut-être pour ça qu'elle ne fermait jamais ses volets. Pour rien au monde elle n'aurait loupé ce spectacle, la ville qui s'éclaire.
Maintenant, c'est plus pareil. Les nouveaux immeubles de luxe lui cache son lampadaire. Quand elle scrute le ciel, et a l'impression d'être observée, jugée. Elle les aimait elle, pourtant, ses vieux immeubles. Cette vielle maison pleine de chats, des chats qu'elle pouvait observer des heures passer d'un toit à l'autre. Elle leur avait même donné des noms quand elle était petite...
Ce cerisier, qui fleurissait tous les printemps, c'était beau. Les jours de vent, ça faisait comme des flocons qui virevoltaient dans un ballet mysterieux. Et la cheminée... Cette vieille cheminée d'usine, "une des dernières qui soit encore carrée" disait son père, combien d'heures passées à la photographier, à l'observer, à en rêver? Quand ils l'ont détruite, elle était là. Chaque pierre enlevée, c'était un peu de son enfance qui partait avec. Un jour et c'était fini. Comme si tout ça n'avait jamais existé. Et ça lui faisait mal, à elle, comme un vide quand elle regardait dehors.
Et dire que parfois, le soir, elle se surprend encore à chercher la lumière d'un lampadaire...

©

# Posté le samedi 12 septembre 2009 09:07

Parce-qu'une image vaut mille mots...

Parce-qu'une image vaut mille mots...
... retrouvez-moi ici :)

http://mon-nikon.hautetfort.com/

# Posté le dimanche 21 juin 2009 02:20

"-Tu n'as donc pas envie de vivre toi?-Pas envie de vivre... Qui se levait la première le matin, rien que pour sentir l'air froid sur sa peau nue? Qui se couchait la dernière seulement quand elle n'en pouvait plus de fatigue, pour vivre encore un peu la nuit? Qui pleurait déjà toute petite, en pensant qu'il y avait tant de petites bêtes, tant de brins d'herbe dans le pré et qu'on ne pouvait pas tous les prendre?" JEAN ANOUILH

"-Tu n'as donc pas envie de vivre toi?-Pas envie de vivre... Qui se levait la première le matin, rien que pour sentir l'air froid sur sa peau nue? Qui se couchait la dernière seulement quand elle n'en pouvait plus de fatigue, pour vivre encore un peu la nuit? Qui pleurait déjà toute petite, en pensant qu'il y avait tant de petites bêtes, tant de brins d'herbe dans le pré et qu'on ne pouvait pas tous les prendre?" JEAN ANOUILH
° Les chansons de Bruce Springsteen. ° L'odeur de la pluie. ° Les Nikon de ma vie. ° La manière dont il nous conte l'Alsace. ° Les pièces de Jean Anouilh. ° La première vocation. ° Et la dernière, plus qu'ambitieuse. ° Les premiers accords de Let It Be. ° Cette classe. ° Les premières larmes pour un bouquin. ° Le coup de coeur musical du moment. ° Le sens qu'elle donne à ma vie. ° Les souvenirs qui paraîssent déjà lointains. ° Le plus simple et le plus merveilleux des concerts. ° Les citations de Camus. ° Les premières larmes devant la télé. ° Les films qui vous prennent et ne vous lachent plus. ° Les photographes exceptionnels ° Les chansons de l'enfance. °Le plus beau village au monde. ° Les réveils ensoleillés. °
L'avenir.



Photo: http://brucespringsteen.net/news/index_archive.html ("I like you way better than Hannah Montana" :p)

# Posté le lundi 16 mars 2009 13:22

Modifié le mardi 17 mars 2009 13:30

"TOUTE CHOSE TRÈS BELLE OU TRÈS LAIDE ABANDONNE UN FRAGMENT D'ELLE DANS LES YEUX DE CEUX QUI LA REGARDE... (...) ON LA RECONNAIT À CE CHOC, À CETTE PARCELLE QUI DEMEURE." FRED VARGAS

"TOUTE CHOSE TRÈS BELLE OU TRÈS LAIDE ABANDONNE UN FRAGMENT D'ELLE DANS LES YEUX DE CEUX QUI LA REGARDE... (...) ON LA RECONNAIT À CE CHOC, À CETTE PARCELLE QUI DEMEURE." FRED VARGAS
Il y a un mois, je me disais que je n'avais plus rien à attendre d'elle, que notre amitié allait s'éteindre, comme ça, un peu bêtement. Et aujourd'hui... Aujourd'hui elle me manque, tout simplement. Tout cette rancoeur que j'ai pu éprouver s'est envolée pour laisser place au vide qu'elle a laissé. Je me surprend à guetter son vélo en sortant de chez moi. A repenser aux gamines qu'on était. Aux rêves qu'on avait, aux promesses qu'on s'était faites. "Amies pour la vie. Rien ne nous séparera, jamais!". J'ai l'impression que les rues de ce quartier sont hantées par les moments qu'on y a passé. Comme des fous rires qui y résonnent, lointains souvenirs.
On ne peut pas échapper à son passé. Et elle, elle en fait partie intégrante de ce passé. On a grandi ensemble, au sens propre, si souvent fourrée l'une chez l'autre que sa famille était un peu la mienne, et vice-versa. Elle m'offrait deux soeurs, je lui offrais un frère, c'était comme ça. On s'est construites ensemble, on a souffert ensemble, on a partagé notre bonheur.
Bien sur, elle a ses défauts. J'ai les miens. On a souvent été aux antipodes, tout n'était pas rose et joli, sinon on ne serait pas là aujourd'hui. Mais à un moment, j'ai du oublier son importance, l'appui qu'elle a apporté à ma vie, la béquille qu'elle représentait. Oublié aussi qu'elle été humaine, tout simplement. Que le soutient n'est pas infaillible, que l'inconnu peut faire peur, que les mots ne sont pas toujours faciles à trouver. Qu'elle ne se rendait peut-être pas compte.
Dans deux mois, je vais avoir 18 ans. Le plus triste dans tout ça, c'est que jamais je n'aurais pensé les fêter sans elle...


Aujourd'hui, je te le dis, tu me manques, ton amitié me manque, nos fous rires, tes angoisses, tes petites attentions toutes mimis, même tes crises de larmes au téléphone. Tu feras toujours partie de ma vie, que je le veuille ou non, t'auras toujours une place à part. Je t'aime.

Photo: nous, il y a longtemps. Tu te souviens? :)

# Posté le mardi 24 février 2009 08:57

Modifié le mardi 24 février 2009 12:37

"-Si nous ne veillons que des choses mortes, pourquoi avons-nous si mal? [...] -Parce-que toutes les choses sont dures à naître dans ce monde et dures à mourir aussi."

"-Si nous ne veillons que des choses mortes, pourquoi avons-nous si mal? [...] -Parce-que toutes les choses sont dures à naître dans ce monde et dures à mourir aussi."
"Je veux être humble. Ce monde, ce chaos où tu me menais par la main, je veux qu'il prenne une forme enfin. C'est toi qui as raison sans doute en disant qu'il n'est pas de raisons, pas de lumière, pas de halte [...].
Mais je veux m'arrêter, moi, maintenant, être un homme. Faire sans illusions peut-être, comme ceux que nous méprisions; ce qu'on fait mon père et le père de mon père et tous ceux qui ont accepté avant nous, et plus simplement que nous, de déblayer une petite place où tienne l'homme dans ce désordre et cette nuit. [...]
[...]Poursuis ta course. Tourne en rond, déchire toi, bats-toi, méprise, insulte, tue, refuse tout ce qui n'est pas toi. Moi je m'arrête. Je me contente. J'accepte ces apparences aussi durement, aussi résolument que je les ai refusées autrefois avec toi. Et s'il faut continuer à se battre, c'est pour elles maintenant que je me battrai, humblement, adossé à ce mur dérisoire, construit de mes mains entre le néant absurde et moi.
Et c'est cela, sans doute, en fin de compte -et pas autre chose- être un homme."

Jean Anouilh, Médée
Dessin: HUGO PRATT

# Posté le samedi 15 novembre 2008 07:35

Modifié le lundi 17 novembre 2008 14:58

"THERE IS THE WORLD AS IT IS AND THE WORLD AS IT SHOULD BE" (BARACK OBAMA)

"THERE IS THE WORLD AS IT IS AND THE WORLD AS IT SHOULD BE" (BARACK OBAMA)
"-Tu l'entends?
-Quoi?
-Le bonheur. Il rôde."

Jean Anoulh, Médée

# Posté le mercredi 05 novembre 2008 03:43

Modifié le jeudi 12 mars 2009 12:00